Bien que l’effacement ne soit peut-être pas un concept psychanalytique à proprement parler, il est au centre de l’observation clinique dans un grand nombre de cures actuelles. Il s’entend comme un processus de négativation de la vie psychique issu de la désunion des pulsions. « Il tend alors, comme le dit Marilia Aisenstein, vers le blanc, le vide, l’anesthésie, qui paralyse l’affect, la représentation et la pensée » sous l’effet d’une fonction désobjectalisante pouvant atteindre jusqu’au moi lui-même. Au-delà, règne la vie opératoire abolissant la vie psychique.
Si l’effacement, via le mécanisme de l’hallucination négative, a une portée structurante et organisatrice pour le psychisme contribuant à la naissance d’une structure encadrante interne, matrice articulant le travail du négatif et l’émergence des représentations, il est aussi, dans sa fonction de déliaison, un recours défensif ultime contre un objet brutalement devenu menaçant pour le moi. Il viendrait alors « tamiser » l’excès d’excitation et se mettre au service d’un narcissisme de vie dont on sait le lien avec un narcissisme de mort et la destructivité. Entre négation et négativation, autant d’oscillations que l’on retrouvera dans ces « cliniques de l’effacement » que je tenterai de cerner à partir d’une rencontre analytique ou encore du rapport de certains artistes à la notion de « sublimation négative ». Il sera question de la spécificité du travail analytique avec ces patients. Ou comment retisser des liens qui ont été détruits lorsque le fonctionnement psychique ne s’inscrit plus du côté du représentatif ? Le contre-transfert de l’analyste est alors particulièrement sollicité permettant, à partir d’un travail en double, l’émergence d’une figurabilité parfois salutaire.
Bibliographie
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